« Mon enfant est adorable avec tout le monde… et en crise avec moi ! »

Si tu t’es déjà dit :
« Qu’est-ce que je fais de travers ? »
alors respire… tu es loin d’être seule.

La réponse risque de te surprendre :
👉 certainement pas grand-chose.

Si ton enfant « s’autorise » à exploser avec toi, c’est très souvent parce qu’il se sent en sécurité. Oui, oui… même si, sur le moment, ça ne ressemble pas franchement à un compliment

Beaucoup de mamans que j’accompagne me partagent leur désarroi :
leur enfant serait « parfait » avec le papa (en cas de séparation), la nounou, l’enseignant, les grands parents…

Et avec elles ? agitation, opposition, colères, crises.

Le soir, au retour de l’école ou de la crèche, tout peut déborder : nervosité, pleurs, colère.
Et avec ça, ce sentiment lancinant :
« Je ne suis pas à la hauteur »,
« Je ne suis pas une mère assez compétente ».

👉 Stop. Dédramatisons.

Déjà, remettons une chose à sa place : aucun parent n’est parfait.
Bien sûr, il y a la base — répondre aux besoins physiques, psychiques et émotionnels de l’enfant, dans une logique de bientraitance.
Mais ensuite… soyons honnêtes : être parent, aussi merveilleux soit-il, peut nous laisser désemparées et épuisées.

Quand l’enfant « craque » avec toi, ce n’est pas un hasard

En réalité, lorsqu’un enfant se permet de lâcher prise devant sa figure d’attachement — maman, papa — cela signifie une chose essentielle :
👉 il sait qu’il peut le faire sans danger.

Un enfant qui n’ose jamais montrer ses émotions, qui reste en permanence un « petit soldat modèle », peut tout autant questionner qu’un enfant très agité.
Ne pas oser, pour un enfant, peut vouloir dire :
« À quoi bon ? Je ne serai pas entendu, compris… ou c’est trop risqué. »

Petit, ton enfant passe sa journée à se contenir :
respecter les règles, gérer le bruit, attendre son tour, s’adapter aux autres.
Il régule, il se contrôle… toute la journée.
Le soir, il n’a plus l’énergie.
Et c’est sur toi que ça tombe.
👉 Tu es un peu la soupape (désolée 😌).

Petite parenthèse très humaine :

Prenons-nous, adultes, comme exemple.
Toute la journée, on sourit à un client pénible, on encaisse les exigences d’un supérieur, on se tient.
Et le soir, en rentrant… on se lâche sur qui ?
Sur le voisin ? la boulangère ?
Non.
Très souvent, sur notre conjoint.e.
Pourquoi ?
Parce que c’est la personne avec qui on se sent en sécurité, notre figure d’attachement

« adulte ».

La différence, c’est que nous avons (en principe) un cerveau mature pour ajuster notre comportement.
Les enfants, eux, ne l’ont pas encore. Et c’est fondamental de s’en souvenir.

Le corps, parfois, parle mieux que les mots

Et puis, il y a quelque chose de très beau que je vois souvent en tant qu’écoutante :
👉 la créativité des mamans.

Un jour, lors d’un entretien, une femme me partageait son découragement face aux colères de sa petite fille de 5 ans, juste après les retours de chez son père.
Tu vois le tableau… le droit de visite qui ne se passe pas toujours dans les meilleures conditions, surtout quand les parents ont des visions éducatives très différentes.

Elle avait essayé de parler, d’expliquer, de rassurer.
Mais bien souvent, les mots n’apaisaient pas.

Alors elle a tenté autre chose.
Elle a écouté autrement.

Pour faciliter la transition, elle a commencé à emmener sa fille à la piscine avant de rentrer à la maison.
Parfois seulement 20 minutes.
Juste le temps de bouger, de se défouler, de respirer, de se détendre dans l’eau.

👉 Résultat : le calme revenait.

Parce que parler demande une disponibilité mentale que les jeunes enfants n’ont pas toujours.
En revanche, mettre le corps en mouvement peut être une formidable porte d’entrée vers l’apaisement émotionnel.

En résumé…

Les enfants ne sont pas faits pour être sages, calmes et lisses en permanence.
Quand ils se sentent en sécurité, ils savent s’adapter quand il le faut…
et lâcher prise quand ils en ont besoin.

👉 La crise de ton enfant n’est pas le signe que tu es un mauvais parent.
Elle est bien souvent le signe qu’il sait que tu peux accueillir ce qui déborde.

Alors vraiment…
Mamans, faites-vous confiance. Vous déchirez. 💪💛

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