Sexualité, performances…et normes

Il y a des choses qui ne se disent pas toujours clairement.

On parle de difficultés à se détendre, de tensions dans le corps, de pensées qui tournent en boucle, d’une excitation qui ne vient pas… ou qui disparaît.
Parfois, on évoque une érection moins fiable, un désir en dents de scie, une impression de “ne pas être dedans”.

Et puis, en creusant un peu, quelque chose apparaît.
Pas toujours formulé comme tel, mais bien présent :

« Et si je n’étais pas à la hauteur ? »

Cette peur-là, elle est plus fréquente qu’on ne le croit.
Elle ne se dit pas forcément avec ces mots — parfois elle se cache derrière des justifications, des doutes, ou même du silence.
Mais elle agit, en toile de fond.

Alors souvent, on pense que “le problème” vient de soi.
D’un manque de confiance, d’un corps jugé insuffisant, d’une expérience passée un peu marquante, d’une remarque qui a laissé une trace ou même d’une histoire douloureuse…

Et c’est vrai, ça peut jouer.

Mais ce qu’on oublie souvent, c’est à quel point notre sexualité est aussi influencée par tout ce qui nous entoure.

On ne part pas de zéro.

On grandit avec des images, des discours, des attentes, des normes plus ou moins visibles.
Des façons implicites de dire ce que serait une “bonne” sexualité.

Un corps désirable.
Un désir toujours disponible.
Une excitation rapide.
Des performances techniques
Des pratiques codifiées.

Et bien sûr… une certaine idée de ce que serait “réussir” une relation sexuelle.

Entre les standards de beauté, les modèles issus de la pornographie, et même certains discours pourtant bien intentionnés autour du plaisir qui finissent par nous faire croire qu’il est obligatoire, il y a parfois une accumulation… qui finit par peser.

Parce qu’à force, le plaisir lui-même peut devenir une injonction.

Il faudrait avoir envie.
Il faudrait ressentir.
Il faudrait faire jouir et jouir
Il faudrait être à l’aise.
Il faudrait être bon·ne.

Bref… il faudrait cocher les cases.

Et dans ce contexte, difficile de ne pas se mettre la pression.
Difficile de lâcher prise quand, au fond, on a l’impression d’être évalué·e — par l’autre, ou par soi-même.

C’est souvent là que le cercle se met en place :
plus on veut “bien faire”, moins ça fonctionne naturellement.
Et plus ça coince, plus la pression augmente.

Alors… comment on sort de ça ?

Peut-être en commençant par faire un pas de côté.

Se demander :
ce que je vis, là… est-ce que ça vient vraiment de moi ?
ou est-ce que je suis en train d’essayer de correspondre à quelque chose ?

Prendre conscience de ces normes, ce n’est pas les rejeter en bloc.
Mais c’est pouvoir les regarder, les questionner… et choisir ce qu’on garde.

Revenir à quelque chose de plus simple, aussi :
qu’est-ce que j’aime, moi ?
qu’est-ce qui me fait du bien, vraiment ?


Pas ce que je crois devoir faire.
Mais ce qui me correspond.

Et puis, il y a quelque chose d’important à réhabiliter :
le droit à l’imperfection.

Une sexualité vivante, ce n’est pas une sexualité parfaitement maîtrisée.
C’est une sexualité qui bouge, qui fluctue, qui parfois fonctionne… et parfois moins.

Et c’est ok.

Paradoxalement, accepter ça, ça détend souvent beaucoup de choses.
Ça permet de respirer un peu.
De remettre du lien, de la communication, parfois même de l’humour.

Parce que oui, on peut aussi rire de ces moments-là.
Et ça ne les rend pas moins valables, au contraire.

Enfin, il y a un choix qui peut vraiment changer la donne :
celui de l’authenticité.

Être là, vraiment.
Avec ce qu’on ressent, avec ce qu’on est, sans chercher à jouer un rôle.

Même dans une rencontre d’un soir, il peut y avoir de la présence, de l’émotion, de la sincérité.
Ne pas être amoureux·se ne veut pas dire être déconnecté·e.

Au fond, peut-être que ça commence là.

Se rappeler qu’une relation sexuelle n’est pas une performance.
Qu’il n’y a rien à prouver.
Rien à gagner.

Juste quelque chose à vivre.

Si ces questions vous parlent, si vous sentez que la pression ou les doutes prennent trop de place, sachez que ce sont des sujets que j’accueille au cabinet.

On peut prendre le temps de les déposer, de les comprendre, de les détricoter ensemble…
pour aller vers une sexualité plus libre, plus apaisée, et surtout, plus proche de vous.

 

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Est ce qu’aimer signifie tout comprendre de son / sa partenaire ?